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Tout savoir sur le permis pratique moto A1, A2 et A


Vous avez réussi votre permis théorique, bravo ! Et vous avez hâte de vous lancer sur votre moto. Stop ! Il vous faut d’abord passer par quelques étapes avant de goûter au plaisir sur deux-roues. Voilà en détail ce qui vous attend en fonction de votre catégorie (A1, A2 et A) ou de votre âge pour obtenir le permis pratique moto.



Le permis pratique A1 pour les motos 125

Le permis A1 permet de conduire les 125 cc. (max 11 kW et un rapport puissance ne dépassant pas 0.1 kW/kg), Âge minimum 18 ans, un permis théorique valide (moins de trois ans) et vous devez choisir entre filière libre ou école de conduite. Via une école, vous devrez suivre 12 heures, dont la moitié sur la voie publique avant de pouvoir passer les examens pratiques. Des questions ? Oui, à partir du A1, vous avez un examen sur le plateau ou sur terrain privé et une épreuve sur la route. Si jamais vous ratez deux fois par auto-école, vous devrez reprendre 2 heures d’enseignement.
Si au contraire vous choisissez la filière libre, vous devrez suivre 9 heures d’écolage dont la moitié sur route. Vous devez ensuite passer l’examen sur terrain privé et le réussir et alors seulement, vous pourrez aller demander un permis provisoire à votre commune. Ce permis provisoire est valable 12 mois, il vous interdit de transporter un passager, de transporter des marchandises et d’effectuer des transports commerciaux. Vous devez apposer un L à l’arrière et c’est la galère pour trouver où le mettre sur certaines motos.

Si vous avez moins de 24 ans, il vous est également interdit de rouler entre 22 h et 6 h le vendredi, le samedi, le dimanche, la veille des jours fériés légaux et les jours fériés légaux.
Après au moins un mois, vous pouvez vous attaquer à l’examen sur route. Ici aussi, deux échecs vous obligeront à repasser 2 heures en écolage et vous devrez passer les épreuves sur une moto de l’école. Attention de ne pas dépasser la validité du provisoire, il n’y a aucune prolongation possible et vous ne pouvez en obtenir un pour le même permis que 3 ans plus tard. (sauf pour ceux qui passeraient d’une boîte auto à une manuelle). Le Goca vous conseille d’ailleurs de prendre rendez-vous au moins 6 semaines avant.

Pour l’examen, venez équipé (relisez donc notre article à ce sujet) et avec un véhicule répondant aux critères du permis, en ordre de marche et avec évidemment tous les papiers nécessaires (assurance, immatriculation…)Je vous parle de ce qui vous attend un peu plus bas, les épreuves étant identiques pour les autres catégories.

Le permis pratique A2 pour les 35 kw (47 ch)

Vient donc ensuite le permis A2, pour une moto jusque 35 kW (47 ch env.) et un rapport poids puissance max de 0.2 kW/kg et n’étant pas dérivé d’une moto développant plus du double de sa puissance.
Ici, vous devez aussi distinguer l’accès direct ou le progressif qui est possible si vous avez le permis A1 (125) depuis au moins 2 ans.

À 18 ans, pas de A2, il faut donc minimum 20 ans pour ce permis. Vous avez par contre encore le choix entre école et filière libre.
Via école de conduite, en accès direct, c’est minimum 12 heures d’apprentissage, alors qu’en accès direct il ne vous faudra suivre que 4 heures, sauf si votre A1 porte la mention pour la transmission automatique ou code 78. C’est important parce que si c’est le cas, il vous faudra suivre 6 heures de cours.
Ensuite, vous passez les deux examens (plateau et circulation) dans la foulée, à condition de réussir le plateau… Logiques, ils ne vont pas vous laisser aller sur la route si vous ne maîtrisez pas un minimum votre moto.
Après deux échecs, c’est comme au carrousel, vous gagnez 2 heures de plus.
Pour ceux qui tentent le coup en filière libre, l’accès direct vous impose 9 heures de cours contre 4 ou 6 en progressif. Il faut ensuite réussir l’examen sur terrain privé pour obtenir le provisoire. Ce permis provisoire est soumis aux mêmes contraintes que celui du permis A1.

Dans les faits, les règles sont les mêmes en cas d’échecs et de validité.
Petit détail qui a son importance, avec un permis provisoire, vous ne pouvez rouler uniquement en Belgique, mais pas à l’étranger.

Le permis pratique A pour toutes les motos

Et au final, le Graal ultime, le fameux permis catégorie A vous ouvrant les portes à toutes les motos sans aucune restriction. Il vous faut 24 ans en accès direct ou 22 ans en progressif et vous avez toujours le choix entre école ou libre.
Rien ne change par rapport au A2 si ce n’est la moto forcément : 12 heures en accès direct via école, 4 ou 6 en progressif alors qu’en libre, on reste sur 9 h en direct, 4 ou 6 heures si vous avez le A2 en poche depuis au moins 2 ans. Ensuite, vous passez le plateau pour obtenir votre provisoire et finalement l’examen sur voie publique.
Les restrictions et obligations sont également les mêmes que celles du A1 et A2.

Les épreuves des permis pratiques A1, A2 et A

Pour le premier examen. Attention, vous devez passer les manœuvres avec la moto de l'école et non la vôtre.
Le plateau, épreuve redoutée par certains à tort ou à raison, déterminera la suite de votre avenir de motard. Sans réussite, vous n’obtiendrez pas votre précieux permis moto.

Les 10 manœuvres à réussir :

Précautions à prendre en descendant de la moto, ça peut paraître idiot, mais si vous ne savez pas descendre de la moto et mettre la béquille, vous êtes déjà très mal parti.
 
Les contrôles : port correct de l’équipement (quand on vous disait qu’il fallait être bien équipé), utilisation des commandes et contrôle technique. On parle ici de vos connaissances de la moto, si vous cherchez le bouton des clignotants, prenez direct un autre rendez-vous.
 
Connaissez donc votre moto et son fonctionnement, il vous faudra par exemple contrôler 8 points : pneus, interrupteur d’arrêt d’urgence, frein avant, frein arrière, klaxon, feu de croisement, feu de route et les clignotants). En prime, vous devez en tirer deux autres au sort avec des points aussi divers que la chaîne, le niveau d’huile, le liquide de frein, le niveau d’essence, la place des catadioptres, les plaquettes de frein, le liquide de refroidissement, le robinet d’essence, le choke, le contact, le témoin de point mort, la poignée d’embrayage… L’histoire (enfin le Goca) ne précise pas ce qui se passe si votre moto en est dépourvue. Le choke et le robinet d’essence sont par exemple absents de plus en plus de motos.
 
Stationner en marche arrière dans un emplacement. Oui on le sait, il n’y a pas de marche arrière sauf sur certaines motos. Non ici, c’est surtout savoir si vous savez déplacer et placer votre machine sans en subir le poids et en prenant vos précautions. Cette épreuve est chronométrée.
 
Quitter l’emplacement : enfin, vous mettez la moto en marche et vous devez sortir de l’emplacement pour aller à la première manœuvre. Attention, ceci compte aussi dans la réussite du permis, pas de pieds à terre ni de franchissement de ligne avant d’arriver là où on vous le demande.
 
Le slalom entre 5 cônes, pas besoin de vous en dire plus, ça paraît évident même si ce n’est pas le plus simple en fonction de la machine choisie.
Les boucles : deux « huits » à effectuer entre les cônes en passant par un point central et bien entendu sans s’arrêter ni rien toucher ni mettre les pieds au sol. La courbe à 30 km/h, on sort des boucles, on passe la deux (oui même si votre moto monte à 150 sur le premier rapport) et on roule gentiment entre les cônes pour arriver au départ de la manœuvre 8.
 
L’évitement : il faut atteindre 50 km/h ou 45 si il pleut et éviter les cônes en bout de ligne droite et vous repositionner sur la voie après l’obstacle. Simple de premier abord, la manœuvre doit être fluide et se faire sans freiner, ah oui, sinon c’est trop facile.
 
Le freinage de précision : c’est en fait la suite logique de l’évitement, vous venez de vous déporter pour éviter, vous reprenez votre place sur votre bande et vous devez arrêter votre moto avec le pneu avant dans un cercle, sans bloquer les roues ni déclencher l’ABS. Ici vous pouvez enfin poser le ou les pieds au sol.
 
Rouler au pas : l’épreuve vous fait passer dans un passage étroit et vous devez impérativement mettre plus de 12 secondes pour faire sortir la roue avant du couloir. Pieds sur la moto jusqu’à ce que la moto en soit sortie. Le virage en « S » comporte 3 portes à passer sans vous arrêter.
 
Deuxième passage dans le virage à 30 km/h et pour terminer, un freinage d’urgence. Vous accélérez jusque 50 km/h et une fois l’appareil de contrôle atteint, il faut freiner sur la distance la plus courte possible, qu’il pleuve ou non. La distance maximale autorisée dépendra de votre vitesse et de l’état du sol, peu importe si vous déclenchez ou non l’ABS.

Et après les épreuves pratiques dans la circulation

Vous avez tout réussi ? Bravo ! Vous pouvez avoir votre provisoire ou passer l’épreuve de la route si vous êtes en moto-école.
Si vous avez opté pour l'écolage, vous pouvez dans la foulée passer la deuxième partie de l'examen sur la voie publique. Si vous avez choisi la filière libre, vous recevrez le document pour le permis provisoire. Après au moins un mois, vous pouvez passer l'examen. Attention ! Ce provisoire n'est valable que 12 mois, prenez donc rendez-vous à temps ! Et prévoyez toujours une marge de sécurité au cas où...

Dans la pratique pour le permis, venez équipé, logique. Comment ça se passe ?
Forcément, on n'est pas en voiture, l'examinateur ne va pas s'asseoir sur votre selle arrière et vous "gueuler" les instructions. On va vous placer un intercom dans le casque et lui vous suit sur sa moto. Il pourra ainsi vous donner les indications à suivre, une direction à suivre clairement identifiable. À vous de déterminer s'il faut changer de voies, tourner à gauche ou à droite, prendre un rond-point ou non, lire les panneaux et les respecter. Si jamais vous n'avez pas compris, faites signe du bras pour que l’examinateur répète.

Durant l'épreuve, il vous demandera aussi de vous arrêter, de façon réglementaire forcément, de descendre de la moto et ensuite de reprendre la route. Cela paraît simple, mais même à moto on ne peut pas s'arrêter n'importe où et n'importe comment.

Pendant environ 30 minutes, vous devrez respecter le code de la route à la lettre, adapter votre vitesse (rouler à 30 km/h sur une section limitée à 50 km/h n'est pas non plus une bonne idée).
Il est bien stipulé que l'examinateur ne vous tendra pas de piège.
N'oubliez pas les clignotants (on est vite tenté à moto de s'en passer pour un petit écart par exemple), conduisez de manière défensive, passez correctement les rapports, placez-vous au bon endroit sur votre bande, gardez vos distances, pensez aux priorités, prenez de la marge dans les manœuvres et changement de direction, respectez la signalisation.
La liste est encore bien plus longue, mais tout est bien logique et coule de source. L'idée est bien de vérifier que vous n'êtes pas un danger public et que vous savez utiliser votre moto.
Si vous avez tout bien réalisé, vous avez réussi votre permis et vous recevrez un document pour aller le chercher à la commune. Attention, ce document (attestation de réussite) n'est pas un permis, vous ne pouvez donc pas encore rouler.

Des infos importantes à connaître

Quelques détails supplémentaires : vous pouvez choisir un des 32 centres d'examen.
Tout ça a un coût forcément, voici les tarifs pour les examens (en 2018), pour la Région wallonne et Bruxelles :

- uniquement épreuve pratique sur terrain privé 14,00 €
- examen pratique complet 36,00 €
- uniquement épreuve pratique sur voie publique 31,00 €
- véhicule suiveur 19,00 €

 
À cela il faut bien entendu ajouter les heures de moto-école, les obligatoires et les autres si vous ne prenez pas la filière libre ou si vous ratez deux fois l'examen. Ne cherchez pas sur internet, la plupart des écoles n'y mentionnent pas les prix et vous devrez les contacter pour savoir combien ça vous coûtera au minimum. Pensez aussi à demander où ils font les exercices pour les manœuvres, il faut parfois aller bien loin juste pour vous entraîner.
 
Dernier petit truc avant de vous souhaiter le meilleur pour ces examens : évitez le trop-plein d'enthousiasme ! Évitez (et je l'ai vu de mes yeux) une fois les manœuvres réussies, de partir pour l'épreuve sur route en grillant le stop à la sortie du centre ! Et si vous en doutiez, burn, stoppie et wheeling ne sont pas les bienvenus non plus. Le permis de conduire ne fait pas de vous un pilote.

Bref, avant de me faire traiter de vieux grincheux, je voulais juste vous dire que les heures sur les consoles de jeu ne comptent pas et que pour rouler longtemps, ça s'apprend et même après des années d’expérience on en apprend encore.
D’ailleurs, si jamais vous vous sentez encore fébrile après votre permis, il y a également des formations post-permis pour en apprendre encore et toujours plus.

Mardi 15 Mai 2018
Sylvain R



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Edito

2018 : L’année de toutes les réformes pour les permis


L’univers des permis est sur la voie des réformes en 2018 et dans tout le royaume. La réintroduction des fautes graves à l’examen théorique en janvier dernier a ouvert le bal de la modernisation et des changements plus importants encore sont à venir avec de nouvelles règles pour les candidats au permis auto. Pour les permis motos, une petite révolution se prépare également dans la catégorie A2. La Belgique devrait autoriser la réversibilité du bridage cette année et faciliter ainsi la vie des nouveaux motards détenteurs du permis moto A2. Plus que jamais, un média d’information sur les permis de conduire - simple, pratique et indépendant - exactement comme permispratique.be était donc devenu indispensable.
 

09/02/2018